Kubernetes est devenu le standard de fait de l’orchestration de conteneurs, mais sa puissance s’accompagne d’une complexité redoutable. Les mêmes erreurs reviennent inlassablement chez les équipes qui débutent, et certaines coûtent cher, en disponibilité comme en facture cloud. Voici les sept pièges les plus fréquents, et surtout comment les éviter.

1. Ne pas définir de limites de ressources

Sans limites de processeur et de mémoire déclarées, un conteneur défaillant ou victime d’une fuite mémoire peut consommer toutes les ressources d’un nœud et faire tomber ses voisins avec lui. Définir des requêtes (ce dont le conteneur a besoin pour être planifié) et des limites (ce qu’il ne doit jamais dépasser) est la toute première règle d’hygiène, et elle protège l’ensemble de la grappe.

2. Oublier les sondes de santé

Sans sonde de vivacité et de disponibilité, Kubernetes ne sait pas si votre application est réellement prête à recevoir du trafic ou si elle est bloquée mais toujours « démarrée ». Résultat : des requêtes envoyées vers des conteneurs morts ou pas encore initialisés, et des erreurs côté utilisateur. Ces sondes sont la base de la résilience automatique.

3. Tout mettre dans l’espace de noms par défaut

Entasser toutes les applications dans un seul espace de noms rend la gestion des droits, des quotas et de l’isolation pratiquement impossible. Séparer les environnements, les équipes et les applications en espaces de noms distincts est une base d’organisation qui paie immédiatement dès que la grappe grandit.

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4. Stocker les secrets en clair

Mettre des mots de passe ou des clés d’API directement dans les fichiers de configuration, ou dans des variables d’environnement versionnées dans le dépôt de code, est une faute de sécurité classique et grave. Les secrets doivent être gérés par un mécanisme dédié, idéalement chiffrés au repos, et jamais déposés dans le dépôt.

5. Négliger les mises à jour progressives

Déployer une nouvelle version en remplaçant brutalement et simultanément tous les anciens conteneurs provoque des coupures de service visibles. Les stratégies de déploiement progressif, qui remplacent les conteneurs un par un en vérifiant leur santé avant de continuer, permettent des mises à jour sans interruption pour l’utilisateur.

6. Confondre Kubernetes et haute disponibilité automatique

Kubernetes redémarre les conteneurs qui tombent, mais il ne corrige pas une application mal conçue. Un service déployé en un seul exemplaire, un stockage non répliqué ou un point de défaillance unique restera fragile, orchestrateur ou pas. La résilience se conçoit dans l’application autant que dans la plateforme : Kubernetes est un outil, pas une assurance tous risques.

7. Vouloir Kubernetes à tout prix

C’est peut-être l’erreur la plus coûteuse de toutes, et la plus répandue. Pour une petite application, une équipe réduite ou un trafic modeste, Kubernetes ajoute une complexité opérationnelle énorme pour un bénéfice souvent marginal, voire négatif. La bonne question n’est pas « comment faire tourner ça sur Kubernetes », mais « ai-je vraiment besoin de Kubernetes ». Pour beaucoup de projets, une solution plus simple suffit amplement.

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En résumé

Kubernetes récompense la rigueur et punit l’improvisation, sans pitié. Définir ses ressources, surveiller la santé de ses applications, organiser ses espaces de noms, protéger ses secrets et déployer progressivement : ces fondamentaux évitent à eux seuls la grande majorité des incidents en production. Et avant tout le reste, s’assurer honnêtement qu’on en a réellement besoin.